Nous sommes sur le chemin du retour.
Plus nous nous rapprochons, plus je suis tendue. Il n'y a rien de grave, me dit-il, nous vivrons ensemble, voilà tout.
Mais comment vais-je faire pour mes études? La faculté est drôlement loin de chez lui. Il ne gagne pas beaucoup d'argent et vient juste de prendre ce petit studio. Il a fait un emprunt pour acheter la cuisinière, en plus. Pourra-t-on y arriver ? Je n'ai pas beaucoup d'économie, en fait, juste ce que je gagnerai pendant ces vacances.
Je suis mal, très mal mais... j'ai choisi, alors il faut que j'assume. En fait, ai-je vraiment choisi? J'ai baissé ma garde un court instant, je me suis laissée aller à un moment de plénitude, je le regrette, je ne le regrette pas. Je ne sais pas. Comme j'aimerais être sûre.
Nous sommes arrivés, il me réconforte tendrement, me rassure mais il ne peut rien pour moi. C'est mon problème, je dois lutter contre moi-même, contre mes peurs. Pourrais-je résister à leurs exigences, je ne sais pas, je n'ai pas l'habitude de m'opposer, de les affronter.
Nous montons l'escalier, doucement, je lui serre la main très fort.
Tiens, la valise n'est pas sur le palier! Ouf, c'est déjà ça.
Il sonne. On attend. Je sonne.On attend.
Nous nous regardons, on ne comprend pas. Ils ne veulent pas nous ouvrir ?
Je sonne une dernière fois, nous attendons encore et je finis par ouvrir avec ma clef.
Ils ne sont pas là!!!!! Il n'y a personne!!!
J'avais pensé à tout... sauf à leur absence.